Femme debout, à demi drapée

Francesco FURINI
XVIIe siècle
Pierre noire, rehauts de craie blanche sur papier vergé chamois
28,1 x 17,5 cm
Crédit photographique :
VILLE DE GRENOBLE / MUSÉE DE GRENOBLE-J.L. LACROIX
Acquisition :
Legs de Léonce Mesnard en 1890, entré au musée en 1902 (lot 3551, n°1456).

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Léonce Mesnard avait encadré ce dessin, seule feuille attribuée à Furini, dont le nom, porté à deux reprises au recto et au verso, est retenu dans l’inventaire manuscrit. Inspirée d’une figure de la danse, peut-être filtrée à travers un motif de bas-relief antique, l’étude présente de nombreux repentirs indiquant différentes positions des bras. La légèreté impalpable du tissu transparent, qui voile à peine les formes de la jeune femme, évoque la silhouette de la Madeleine pénitente dans un des plus beaux tableaux de l’artiste (Stuttgart, Staatsgalerie), mais l’image s’insère sans doute plutôt dans le processus de création des figures des fresques de la Sala degli Argenti, au Palazzo Pitti (Florence), aujourd’hui plus justement désigné comme Salon de Giovanni da San Giovanni, situé au rez-de-chaussée du palais dans l’actuel Museo degli Argenti. Par sa position frontale et son dynamisme, la femme figurée dans le dessin rappelle en effet celle, peinte à l’extrême gauche, sur un promontoire, dans la fresque de l’Allégorie de la mort de Laurent le Magnifique. Ce personnage (ainsi que la femme qui se tourne de profil à ses côtés) exprime son épouvante à l’arrivée, sur un nuage sombre, du dieu de la Guerre, Mars. S’élançant en avant, et tenant dans la main gauche une torche abaissée, elle symbolise la Paix, selon les directives de l’Iconologia de Ripa. En revanche, le modèle dessiné prend appui solidement sur sa jambe gauche, placée en avant, le pied vu en raccourci, sans souci du détail anatomique, selon un mode de représentation abrégé, qui constitue une véritable signature du dessinateur. L’intervention de Furini dans ce cycle se situe à la suite de la mort de Giovanni da San Giovanni (1638), entre 1639 et 1642. Il y travailla après que Cecco Bravo eut lui-même terminé la décoration de la paroi occidentale laissée inachevée par Giovanni da San Giovanni. C’est donc dans ce contexte d’émulation entre trois des plus grands artistes de cette période que se situe le présent dessin. La rareté des dessins de Furini en France (et, de manière générale, en dehors de la Galleria degli Uffizi) rend encore plus précieuse la présence de cette étude dans les collections grenobloises.

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